Etats
des recherches - Site de "La Tour"
SAINT-MAURICE-DE-ROTHERENS
septembre 2004
Le chantier archéologique du site de la Tour, à St-Maurice-de-Rotherens,
a fermé ses portes fin Juillet. Malgré la météo peu clémente,
tous les objectifs de cette 3e campagne ont été atteints
et les résultats furent au rendez-vous: un relevé topométrique
a été réalisé; la fouille de l'intérieur de la tour est
achevée et tous les relevés ont été faits. Un sondage a
été entrepris à l'extérieur de la tour, devant le seuil
de la porte.
fouilles à l'intérieur de la Tour
C'est
dans ce secteur que les découvertes sont les plus spectaculaires:
nous avons en effet mis au jour la porte et l'angle Sud-Est
du bâtiment primitif, sur lequel a été construit la tour.
Ce bâtiment primitif est une vaste "aula" (prestigieux bâtiment
dont le type, antérieur à celui de la tour, existe dès l'époque
carolingienne) de 10m70 de long contre 6m50 de large (dimensions
intérieures), soit une surface au sol de 70 m2. L'accès s'y
fait par une large porte, percée dans le mur sud, aux dimensions
exceptionnelles: 1m70 entre les deux feuillures! A l'Ouest
et au Nord, cette aula ne subsiste qu'en fondations, mais
3 ou 4 assises ont été conservées au Sud et à l'Est, dans
lesquelles on peut reconnaître un bel appareil roman, construit
avec le plus grand soin.
Une série de trous de poteaux liés à cette aula et percés
dans les niveaux d'occupations terminaux de ce bâtiment
a également été mis au jour (à l'intérieur de la tour; en
toute logique il devrait s'en trouver d'autres, à l'extérieur
de la tour, dans la partie de l'aula que nous n'avons pas
fouillée); les restes carbonisés d'un poteau, encore en
place, devrait nous permettre de faire une bonne datation
par carbone 14;
ce trou de poteau était scellé par un niveau de ragréage
dans lequel un denier de l'église de Vienne a été découvert
(mi XIIe-fin XIIIe).
marmite de cuisson >
Nous
savons désormais que la tour probablement, construite
dans le courant du XIIIe siècle, est venue s'appuyer sur
les vestiges de l'aula : elle a donc la même largeur,
pour une moindre longueur (les bâtisseurs sont passés
du plan rectangulaire au plan carré). Les archéologues
et les historiens cherchant toujours à savoir sur quoi
se sont fondés les châteaux, ces découvertes ont un intérêt
scientifique de premier ordre. Seule déception: les niveaux
d'occupations du bâtiment primitif, probablement dérasés
au moment de la construction de la tour sont assez pauvres
en mobilier archéologiques (quelques tessons de céramique
à pâte grise) ; il n'en va probablement pas de même dans
la partie de l'aula située à l'extérieur de la tour. En
revanche, le mobilier lié à l'occupation de la tour elle-même
est abondant: carreaux d'arbalète, nombreux tessons de
céramiques (plus de 1200 à ce jour), menus objets de bronze,
clés en fer, clous de tous types, etc. ont été mis au
jour; une marmite en céramique grise, conservée au 2/3
et découverte dans une fosse mériterait sûrement une consolidation
adéquate. De nombreux sacs de graines ont été découverts
et leur étude est prévue.
Tout ce mobilier doit maintenant être étudié,
analysé, inventorié, dessiné; les relevés doivent être encrés:
bref, les recherches se poursuivent, mais à Lyon désormais.